Le projet «Ghana Luxembourg Social Trust» (en bref : GLST) est un composant essentiel de l’action de notre association. A vrai dire, c’est lui qui a donné vie à l’organisation telle qu’elle se présente aujourd’hui. Encouragés par le grand succès que fut la 1ière phase du projet GLST (2009-2014), il nous paraissait évident d’enchaîner directement sur une 2ième phase de projet (2014-2017).
Il s’agit d’un projet bien implanté dans la réalité du terrain. De sa conceptualisation à sa reprise par les autorités ghanéennes – en passant par sa réalisation bien sûr – nous avons coopéré et coopérons toujours étroitement avec nos partenaires : l’Organisation internationale du travail (OIT), le gouvernement ghanéen ainsi que des partenaires locaux issus des administrations locales, de la santé publique et de la population. Ainsi, le concept sous-jacent au projet, intitulé Global Social Trust, a été développé par l’OIT; le projet GLST en représente la mise en œuvre concrète dans un cadre précis et gérable.
Le concept Global Social Trust est simple et pertinent : Les travailleurs des pays dotés de systèmes de prestations de protection sociale bien développés (dans notre cas le Luxembourg) cotisent un montant modeste sur une base volontaire servant au développement de telles prestations dans des pays qui disposent de mécanismes de protection sociale plus déficitaires (dans notre cas le Ghana). En gros, le concept vise à étendre le principe de la solidarité sociale à l’échelle mondiale et le groupe cible à tous les «concitoyens du monde».
Concrètement, lors de la 1ière phase du projet les « cotisations » luxembourgeoises servaient à l’introduction d’un transfert social à destination des femmes enceintes les plus démunies du district de Dangme West (région rurale à l’ouest de la capitale Accra appelé aujourd’hui Shai Osudoku District) d’un montant équivalent à 7,5 euros par mois (somme respectable au Ghana). Pour toucher cet argent, les femmes en question devaient cependant répondre à quelques conditions, tel que par exemple l’inscription à l’assurance maladie, le recours à des soins prénatals ou l’assistance à des séances d’éducation à la santé. Environ 700 femmes en ont profité. Les prestations en espèces permettaient de couvrir les frais directs et indirects liés aux services de santé, à la formation et à une meilleure alimentation, de façon à améliorer le niveau de santé global des femmes enceintes et de leurs enfants.
La plupart des bénéficiaires ont même réussi à investir une partie de l’argent dans des petites activités agricoles ou commerciales.
Signe incontestable du succès et de la durabilité du projet : il fut repris par l’agence onusienne Unicef, qui a décidé d’appliquer nos procédures dans d’autres régions du Ghana. Mais, bien plus important encore, le ministère du Genre, des Enfants et de la protection sociale du Ghana a prévu d’étendre les mesures soutenues par le projet au niveau national, notamment en intégrant la catégorie des femmes enceintes pauvres et femmes en charge d’enfants de moins d’un an dans son programme de protection sociale «Livelihood Empowerment Against Poverty» (LEAP).
La 2ième phase du projet GLST (actuellement en cours) met justement l’accent – non sur l’implémentation concrète – mais sur le soutien à l’institutionnalisation d’un tel programme au niveau national. Un soutien d’ailleurs expressément souhaité par le ministère du Genre, des Enfants et de la Protection Sociale du Ghana, qui nous a prié de réaliser un guide opérationnel des procédures du GLST. Un autre axe essentiel de la 2ième phase du projet : la sensibilisation du grand public et des parties prenantes au niveau des districts, des communautés et du niveau central par rapport aux bénéfices de la protection sociale. Le manque de connaissances en cette matière à tous les niveaux de la société s’étant avéré un important frein à l’extension de la protection sociale au Ghana lors de la 1ière phase du projet. Ainsi, le projet pourra dans sa 2ième phase impulser de manière sous-jacente la mise en œuvre d’une stratégie nationale de communication sur la protection sociale.
Dans son ensemble le projet souligne parfaitement une thèse élémentaire aux efforts entrepris par l’a.s.b.l. OGBL Solidarité syndicale : une solidarité informelle entre concitoyens en forme de soutien coordonné envers les plus démunis a toutes les chances de mener à une protection sociale institutionnalisée. Cela a été le cas au Luxembourg et cela peut tout autant se réaliser au Ghana !
À mon troisième mois de grossesse, des personnes sont venues au village pour aider les femmes enceintes. Je me suis donc inscrite. Lorsqu‘on m‘a donné de l‘argent, on m‘a conseillé de ne pas le gaspiller. Je n‘ai rien fait d‘autre que de l‘investir dans la préparation du « Kenkey ». J‘ai aussi ouvert un petit magasin où je vends des boissons, et j‘achète du piment rouge. Je suis très heureuse d‘être bénéficiaire de ce programme d‘aide.
Eveline Agbesi
De quoi je me mêle ?
En moyenne les Luxembourgeois consomment 10 kilos de chocolat par an. Et pourtant, peu de gens savent d’où provient la plupart du cacao, ingrédient élémentaire du chocolat. Une partie importante provient du Ghana justement, qui en produit 900.000 tonnes par an – seule la Côte d’Ivoire en produit plus. Environ 70% des exportations du Ghana vers l’entité commerciale Belgique-Luxembourg sont liés au chocolat. En guise d’anecdote, l’ancienne colonie britannique qui est devenue par la suite le Ghana s’appelait Côte d’Or. Lorsque nous savourons donc notre tant aimé chocolat Côte d’Or (pour n’en citer qu’un), il convient de garder à l’esprit que cela va de pair avec des emplois et donc des conditions de travail et de vie au Ghana. Avec la consommation de produits qui viennent de loin, il nous revient une certaine responsabilité sociale – au Ghana et ailleurs.
Protection sociale
La protection sociale désigne tous les mécanismes de prévoyance collective, permettant aux individus de faire face aux « risques sociaux » (maladie, vieillesse, chômage, maternité, etc.). Parmi ces mécanismes : les transferts sociaux, les services sociaux, l’accès aux soins et à l’éducation pour tous ou encore le droit du travail. L’objectif consiste à garantir que chaque personne dispose des moyens nécessaires à l’exercice de ses droits sociaux et économiques.